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LE SAVOIR & LE FER
Association pour la mise en valeur du patrimoine minier et métallurgique du Bocage Ornais





















LES FORGES DU BOCAGE ORNAIS




L'EXTRACTION DU MINERAI A CIEL-OUVERT



Du moyen-âge, et même probablement dès l'âge du fer, jusqu'au milieu du XIXème siècle, le minerai de fer était extrait à ciel ouvert, dans des minières creusées au niveau des affleurements du gisement de fer.

La minière de La Ferrière-aux-Etangs, est attestée dès 1370, et celle de Saint-Clair-de-Halouze, est ouverte en 1473.

Ces mines à ciel-ouvert étaient exploitées par des minaires, des paysans-mineurs qui abattaient le minerai à l'aide de pics ou de pioches et cassaient les gros blocs de minerai à la masse.

Plusieurs siècles d'exploitation ont conduit au creusement d'immenses tranchées, longues de parfois plusieurs kilomètres et profondes d'une quinzaine de mètres à certains endroits.





L'ELABORATION DU FER DANS LES BAS FOURNEAUX AU MOYEN-AGE








Extrait de Georgius Agricola, De re metallica (1556)




Le minerai extrait de ces minières était transporté à dos de cheval jusqu'aux forges où il était traité pour produire du fer. Ces forges grossières regroupaient un ou deux bas-fourneaux et plusieurs foyers de forges.

Des bas-fourneaux sont attestés dès 1348 à La Ferrière-aux-Etangs et 1383 à Saint-Clair-de-Halouze.

Dans les bas-fourneaux (de modestes fours en argile d'un ou deux mètres de haut), on procédait à la réduction du minerai pour en extraire le fer. La loupe de fer produite était retravaillée sur l'enclume d'une forge, à grands coups de marteau, pour la débarrasser de ses impuretés et obtenir du fer pur. Ces bas-fourneaux étaient implantés autour des étangs de La Ferrière et en forêt de Halouze, à proximité du minerai, du charbon de bois utilisé pour faire fondre le minerai, et de l'eau indispensable à la construction des fours en argile et nécessaire au travail des forgerons.

Aujourd'hui, on trouve de nombreux ferriers, tas de scories (déchets de réduction du minerai) accumulées autrefois près des bas-fourneau. Le nombre important de ferriers, plus ou moins arasés, identifiés dans le Bocage ornais (une vingtaine rien qu'aux environs de Saint-Clair-de-Halouze) laisse deviner l'intensité de l'activité de production du fer au moyen-âge dans cette région.
Reconstitution expérimentale d'un bas fourneau du Moyen-Age avec un archéologue
lors d'une ''fête du fer''  organisée par l'association Le Savoir & Le Fer







L'INDUSTRIE DU FER A L'EPOQUE MODERNE APRES LA REVOLUTION DU HAUT FOURNEAU






A partir du XVIème siècle, commença à se développer un nouveau procédé de production du fer, appelé "procédé indirect" puisqu'il imposait de produire d'abord de la fonte (un alliage de fer et de carbone) avant d'obtenir du fer pur.

Attesté en Belgique dès le milieu du XIVème siècle, le procédé wallon ne se diffusa largement qu'au cours du XVIème siècle. Dans le Bocage Ornais, les premiers haut-fourneaux sont attestés dès 1530 à Saint-Clair-de-Halouze, 1566 à Larchamp et 1586 à Varenne (bien que celui-ci date probablement de la première moitié du XVIème siècle). La construction des haut-fourneaux de Bagnoles-de-l'Orne en 1612 ou de La Sauvagère en 1646 marquant une sorte d'apogée.

Le Bocage comptait alors une quinzaine de grosses forges dotées d'un haut-fourneau, de forges d'affinerie et d'une fenderie. La Forge de Varenne, à Champsecret, est la seule subsistant dans l'ouest de l'Orne et à ce titre classée Monument Historique. On peut y voir encore les vestiges des trois ateliers de production du fer.

A l'intérieur du haut-fourneau on faisait fondre le minerai avec du charbon de bois et on coulait à ses pieds de grandes barres de fonte appelées gueuses. Dans les forges d'affinerie on brassait la fonte au contact d'un courant d'air, produit grâce à des gros soufflets actionné par des roues à aubes, de manière à la débarrasser de son carbone et transformer ainsi la fonte en fer. Enfin, dans la fenderie, ancêtre du laminoir, on aplatissait et on découpait le fer en barres de différentes dimensions, en faisant passer le métal entre des gros cylindres muent eux aussi par la force hydraulique.

Le fer fabriqué dans ces grosses forges était vendu aux innombrables artisans de la région qui utilisaient le fer (forgerons, taillandiers, maréchaux-ferrants, ferroniers, serruriers, cloutiers...). La toponymie locale porte d'ailleurs la trace de cette activité métallurgique foisonnante (Saint-Bômer-les-Forges, La Selle-la-Forge, La Cloutière, La Clouterie, La Forgetière, Le Vieux Fourneau...).

Le procédé wallon permettait de produire de grande quantité de métal. Le fer devint ainsi à partir du XVIIème siècle un produit d'usage plus courant. Ansi, les progrès de l'agriculture à cette époque s'expliquent-ils en partie grâce à la banalisation de l'outillage en fer (faux, socs de charrue...).















Extrait de Denis Diderot et Jean Le Rond D'Alembert Encyclopédie
ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers
(1772)




UNE INDUSTRIE INEXTRICABLEMENT LIEE AU MONDE RURAL


Les grosses forges employaient chacune une centaine de personnes. Les ferrons, ouvriers hautement réputés (fondeurs, affineurs, chauffeurs, fendeurs...) formaient une sorte d'élite ouvrière réunis en corporation. On comptait également dans chaque grosse forge plusieurs dizaines de paysans-ouvriers embauchés comme manœuvres, charretiers, charbonniers, minaires... . Une forge mobilisait en outre pas loin de 150 chevaux.

Cette ancienne industrie du fer était très liée au monde rural : elle utilisait le charbon produit dans les forêts alentours et l'énergie des rivières, elle employait une main d’œuvre essentiellement paysanne et elle était encadrée par la noblesse locale (les seigneurs de La Ferrière, les barons de Larchamp ou les comtes de Flers qui possédaient les forges du Bocage en confiaient l'exploitation en fermage à des maîtres de forge). Au début du XIXème siècle, les industriels qui rachetèrent ces vieilles forges fonctionnant au charbon de bois furent confrontés à l'essor de la sidérurgie au coke (charbon minéral) caractéristique de la "révolution industrielle". Les grosses forges du Bocage ornais fermèrent ainsi les unes après les autres : celle de Halouze dès 1801, celle de Varenne, la dernière à fermer, cessa son activité en 1866.


LES MINES DE FER DE L'ORNE


DES PREMIERS SONDAGES A L'OUVERTURE DES CONCESSIONS MINIERES

Quelques dizaines d'années après la fermeture des minières et des forges, on prospecta dans le Bocage ornais pour trouver un gisement de fer capable d'alimenter en minerai les hauts-fourneaux du Nord de la France. A la fin du XIXème siècle, le fer était devenu un matériau omniprésent dans la société et les besoins en fonte et en acier étaient colossaux (essor du chemin-de-fer, mécanisation des usines, utilisation croissante de l’acier dans la construction…). Les premiers sondages furent entrepris à Saint-Clair-de-Halouze dès 1884 et à La Ferrière-aux-Etangs en 1897. On découvrit que le sous-sol du Bocage ornais renfermait un gisement ferrifère important. Dès lors, trois concessions minières furent exploitées : la première à La Ferrière-aux-Etangs, exploitée entre 1901 et 1970 par la Société des Forges et Aciéries de Denain-Anzin ; la seconde à Larchamp, exploitée entre 1903 et 1932 par la Société des Mines de Larchamp qui avait son siège à Flers ; la troisième à Saint-Clair-de-Halouze, exploitée entre 1905 et 1978 par la société Châtillon-Commentry-Neuves-Maisons pour alimenter ses haut-fourneaux d'Isebergues.

LE TRAVAIL DES MINEURS ''AU FOND''...

Pour atteindre la couche de minerai de fer les mineurs descendaient par un puits. Les premiers puits foncés au début du siècle descendaient à 100 ou 200 m de profondeur, ceux plus récents entrés en service dans les années cinquante s'enfonçaient à près de 400 m sous terre. Le carreau de la mine de Saint-Clair-de-Halouze, avec son chevalement qui se dresse encore au dessus du puits de mine, est le symbole du passé minier de la région (la Normandie comptait jusque dans les années 1970-1980 une douzaine de mines de fer). Les mineurs qui travaillaient ''au fond'' foraient à l'aide d'un marteau-perforateur pneumatique des trous dans le minerai de fer. La poussière, le bruit, le poids de l'outillage, les positions inconfortables ont abîmés les corps : nombre d'anciens mineurs ont aujourd'hui de graves problèmes respiratoires, des problèmes de surdité, les épaules ou le dos meurtris. Les mineurs plaçaient dans ces trous des charges explosives. L'abattage du minerai se faisait à la dynamite. L'explosion pulvérisait un pan de la couche de minerai et les mineurs devaient ensuite déblayer la "taille". Le minerai était ramassés à la pelle et chargés dans des wagonnets tirés par des chevaux. Après la modernisation de la mine, dans les années cinquante, on utilisa un scraper qui permettait de racler mécaniquement le minerai, ou une chargeuse à chenille, pour charger des wagonnets tirés par des locomotives électriques

...ET DES OUVRIERS ''AU JOUR''

Une fois remonté "au jour", le minerai était concassé, criblé, laver avant d'être acheminé vers les fours de calcination. Les premiers fours de calcination furent bâtis en pierres et en briques. Ceux de La Butte Rouge à Dompierre sont les premiers fours de calcination construits en Normandie et les seuls en pierres qui subsistent dans la région. Après guerre, de nouveaux fours plus grands et plus modernes entrèrent en service, tels que ceux de La Haie à La Ferrière-aux-Etangs ou de La Bocagerie au Châtellier, dont le squelette de béton armé est toujours visible. Aménagés à flanc de colline, les sites de calcination fonctionnaient "en cascade" sur plusieurs niveaux. Les ouvriers chargeaient les fours par le haut. Le minerai grillait à 800°C pour le débarrasser d'une partie de ses impuretés et enrichir ainsi sa teneur en fer. Ensuite, les ouvriers défournaient le minerai et le stockait en contrebas, en tas au dessus de tunnels de chargement. Dans ces tunnels, des trains reculaient pour charger le minerai. Ces trains convoyait le minerai vers les haut-fourneaux du Nord de la France. Le soufre qui se dégageait des fours et qui prenait les ouvriers à la gorge, la chaleur auprès des trappes de défournage, la pluie, le froid l'hiver, la poussière de minerai encore et toujours, rendaient les conditions de travail des ouvriers des fours aussi peut enviables sinon moins que celle des mineurs "au fond".

LES MINES : CREUSET DE POPULATIONS

Chacune des mines ornaises employait près de 500 mineurs et ouvriers. Dans l'entre-deux guerres, les mineurs venant de Pologne, d'Italie, d'Espagne ou d'autres pays étaient nombreux. Dans les années 1920-1930, 1 mineur sur 2 était alors d'origine étrangère à Saint-Clair-de-Halouze et on comptait 42 nationalités différentes à la mine de La Ferrière-aux-Etangs. La pénibilité du travail, le danger que les hommes côtoyaient chaque jour, favorisaient l'existence d'une immense solidarité entre les mineurs. Dans les cités minières, les liens tissées entre les familles de mineurs étaient forts. Les logements des mineurs à l'architecture standardisée, l'école, la coopérative, le terrain de sport, la salle des fêtes, tous ces équipements  financés par les compagnies minières témoignent du poids du paternalisme et de la force du  syndicalisme dans la vie quotidienne des familles de mineurs jusqu'à la fermeture des mines.

LA FERMETURE DES MINES

Concurrencées par les mines de fer de Mauritanie notamment, dont les coûts d'exploitation étaient sans commune mesure (minerai plus riche en fer, extraction à ciel-ouvert mécanisée, main-d'œuvre sous-payée et travaillant dans des conditions de sécurité déplorables, transport par bateaux beaucoup moins cher...), les mines de La Ferrière-aux-Etangs et de Saint-Clair-de-Halouze ferment respectivement en 1970 et en 1978.




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